Voici donc quelques extraits des derniers Carnets du professeur Flirguboll, en balade en Boldzarie avec ses compagnons de voyage... et les illustrations s'y rapportant.
"Ce matin-là,
j’avais décidé de cesser de me tourmenter l’existence et d’assumer pleinement
les risques du Voyage : l’équipement et le Bestiolarium étaient perdus,
certes, mais le Voyage continuait.
Je décidai de
marquer ce changement de vie de façon radicale, en allant voir le barbier du
village pour me faire tailler une coupe au bol à la mode boldzare.
Svetozar
embrassa cette philosophie aussi. Il fut plus délicat d’inciter Titus à faire
de même, mais le plus difficile à convaincre fut Harold, qui tenait à sa jeune
tignasse, un des outils de sa séduction (comme le Bestiolarium était pour moi
un formidable outil de séduction… ou du moins potentiel de séduction vu que je
n’avais jamais eu l’occasion de vanter ses mérites à une personne de la gent
féminine, qui n’aurait pu qu’admirer la somme de connaissances amassée par son
auteur brillant et tomber en admiration à ses pieds). Gaïa, elle, n’eut qu’à
natter ses cheveux, pour un résultat moins spectaculaire mais moins
inesthétique".

. "Nous
découvrîmes le pont, flanqué de deux hautes statues altières de chats à
l’entrée, et surtout enveloppé dans sa partie centrale pour une quasi-sphère
d’une inexplicable brume, et bien entendu nous allâmes la traverser, afin de
vérifier que ce qu’il y avait de l’autre côté était bien… autre chose que ce
que tout Boldzar normalement constitué aurait dû s’attendre à trouver. Une
telle manifestation ne pouvait être qu’un Blurêve, dont la traversée conduirait
à un autre rêve".
"Mieux valait en
rester là pour nous, à méditer sur la propension des hommes -et en l’occurrence
des Boldzars- à nier les réalités quand elles remettent trop en cause leurs
confortables certitudes.
Sans oublier
bien sûr, entre deux méditations, de goûter enfin aux fricortilles de ma
seconde récolte du matin, en accompagnement d’une délicieuse Crampe, grosse
dinde sauvage chassée à l’orée de la forêt, et de jambon noir de Labyzian,
autre spécialité fort goûteuse du nord-ouest du pays".
"Et le Roi décida
de nous proclamer Officiers de l’Ordre du Chat pour notre contribution à cette
révolution tranquille, à l’issue d’un discours fleuve plein de « Boldzarie
éternelle ».
Nous fûmes
décorés de magnifiques médaillons d’or incrustés d’une gemme rouge sur la place
du Couronnement, en présence de tout Svobodan. Moi, une décoration à l’effigie
d’une petite bête poilue, ça ne peut que me faire vibrer, quel bel hommage pour
conclure une belle aventure !"